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Clearstream ou comment utiliser un juge

20 novembre 2013

Ca vous dit quelque chose ClearStream vous ? Ca revient, on n'y échappe pas et qui va profiter de cette affaire ?

I) Se servir de la justice en lui proposant des listings falsifiés pour tenter de calomnier des personnalités politiques (dont N. Sarkozy), voilà le stratagème conçu par le tandem Chirac / Villepin et réalisé par le corbeau Jean-Louis Gergorin.

L'expertise informatique ajoutée au dossier le 27 juin 2007 révèle des éléments renfermés dans l'ordinateur portable du Général Rondot de nouveau interrogé mercredi 4 juillet 2007 : "Jean-Louis Gergorin aurait reçu instruction de Dominique de Villepin, elle-même formulée par le président de la République, de +balancer+ Nicolas Sarkozy", au juge Renaud Van Ruymbecke, précise France Info, le 4 juillet 2007, au soir. Le Général Rondot n'a pas nié l'authenticité de ces Notes mais il n'a souhaité faire aucun commentaire. Jusque-là la preuve irréfutable de l'implication de Chirac et de Villepin dans l'affaire Clearstream n'avait pas été apportée. Voilà qui est fait. Quant à Chirac et à Villepin, ils sont refaits.

Quand on se remémore les menaces sur les Patrons de Presse ou les journalistes par Villepin, les enquêtes sur le juge Van Ruymbeke, les attaques en diffamation (reportées "sine die" de l'ex-Premier Ministre à l'égard d'auteurs de livres sur l'affaire Clearstream, les dénégations de Chirac, la perquisition chez l'avocat de Sarkozy le 11 mai et la tentative de perquisition au Canard Enchaîné (après le 2è tour de la Présidentielle mais à 5 jours de la passation de pouvoirs), on se dit que Villepin et Chirac formaient un beau tandem à la tête du pouvoir pour confisquer la Présidentielle 2007 ! L'immunité de Chirac (article 67, alinéa 1 de la Constitution) ne couvre pas les actes non liés à son ancienne fonction (entre autres les affaires Clearstream et Borrel).

II) Compte tenu des éléments révélés ce 4 juillet 2007 par l'affaire Clearstream, il est utile d'analyser différemment les 4 évènements politiques majeurs de la politique Chirac / Villepin des 2 dernières années :

A) Installation de Villepin au Ministère de l'Intérieur le 31 mars 2004, consécutive probablement :

1) - au refus, exprimé le 9 janvier 2004, par Villepin de demander une enquête à la DST, afin que Sarkozy ne soit pas informé de l'affaire Clearstream : déclaration de Gergorin à Libération du 18 mai 2006, recoupant celle de Rondot publiée dans le Monde du 28 avril 06 (daté du 29) ;

2) - à l'intervention, le 29 mars 2004, de Villepin par courrier auprès du Général Rondot pour qu'il fasse libérer Imad Lahoud, (informaticien, membre d'EADS ayant reçu les listings Clearstream, non bidouillés), qui se trouve en garde à vue pour une affaire d'escroquerie ;

3) - à la volonté de Villepin de diligenter rapidement une enquête par la DST, ce qu'il ne pouvait pas faire comme Ministre des Affaires Etrangères et de mettre Sarkozy à l'écart du dossier Clearstream, 3 jours après les Elections Régionales et Cantonales du 28 mars 2004 ;

B) Injonction présidentielle du 14 juillet 2004 à Sarkozy "j'ordonne, il exécute !", liée possiblement :

1) - à la volonté du tandem Chirac / Villepin de pousser Sarkozy à quitter le Gouvernement, une nouvelle enquête (après celle du Général Rondot) ayant été demandée à la DST par Villepin, le 3 juillet 2004 pour enquêter sur le listing Clearstream ;

2) - à la volonté de Villepin, alors Ministre de l'Intérieur, de retarder la communication à la justice des résultats :

de l'enquête du Général Rondot ; puis, des "recherches de la DST", débutées le 3 juillet 2004, sur l'affaire Clearstream (malgré la demande de Sarkozy, sur le départ en novembre 2004, en raison de l'injonction présidentielle du 14 juillet 2004) ;

3) - à la volonté de secret de Villepin (probablement à l'égard de Sarkozy), exprimée dans sa déclaration du 19 juillet 2004, au Général Rondot, publiée dans le Monde du 12 mai 2006 : "Si nous apparaissons, le Président de la République et moi, nous sautons"

C) Choix d'un Référendum pour ratifier le projet de Constitution Européenne, annoncé le 14 juillet 2004, pour le 2è semestre 2005, ayant pour conséquences possibles par rapport à l'affaire Clearstream :

1) - de faire diversion politique, pendant près d'1 an et demi ; la période du second semestre 2005 n'ayant été avancée au 29 mai 2005 que pour éviter un télescopage du vote sur le Projet de Constitution Européenne avec l'ouverture des négociations de l'UE avec la Turquie, le 3 octobre 2005 ;

2) - de profiter de la période d'affrontement des Partis politiques pour faire agir tranquillement la DST, mandatée le 3 juillet 2004, afin d'étudier les listings Clearstream ;

3) - de donner "un os à ronger" au probable Président de l'UMP en novembre 2004 (Sarkozy) pour l'occuper pendant qu'il ne serait plus Ministre ;

4) - d'éviter une ratification trop facile et trop rapide par le Parlement qui aurait empêché les camps de s'entre-déchirer ; après la dissolution de l'Assemblée Nationale, d'avril 1997, conseillée par Villepin, il est proposé le laminage et la division des Partis politiques ;

5) - d'affaiblir, ainsi, les principaux dirigeants de droite comme de gauche, (ce qui est à rapprocher, éventuellement, de la mise en cause de Présidentiables de différents horizons dans des listings Clearstream bidouillés), et ce, dans la perspective de la Présidentielle d'avril 2007 ;

D) Retour de Sarkozy au Gouvernement, le 31 mai 2005 :

Ce retour de Sarkozy au Gouvernement (malgré l'oukase du Président, le 14 juillet 2004, du non-cumul des mandats de Chef de Parti et de Ministre) peut se justifier, quel que soit le résultat de l'enquête de la DST (commencée le 3 juillet 2004) sur l'affaire Clearstream :

D 1) - soit cette enquête aboutissait à une mise en cause de Sarkozy, auquel cas le Premier Ministre et le Président pouvaient le décharger de ses fonctions pour lui "permettre de défendre son honneur" (jurisprudence Bérégovoy et Balladur), ce qui l'aurait mis en facheuse posture pour être le candidat de l'UMP en 2007 ;

D 2) - soit cette enquête de la DST, débutée le 3 juillet 2004 (comme celle du Général Rondot en mai 2004) n'aurait abouti à aucune mise en cause pour Sarkozy (ce qui n'est apparu qu'en décembre 2005), auquel cas le retour de ce dernier au Gouvernement permettait :

1) - de soumettre Sarkozy à l'autorité du Premier Ministre, Chef de la majorité Parlementaire (qui est une pratique de la Vè République) ;

2) - d'empêcher Sarkozy de se démarquer de la politique de Villepin / Chirac, (une des conséquences probables du retour de Sarkozy au Ministère de l'Intérieur, le 31 mai 2005, est la destruction, au 3è trimestre 2005, du dossier Clearstream ouvert par le Comité du Renseignement (dépendant du Premier Ministre), selon l'information du Parisien du 25 mai 2006) ;

3) - de gêner Sarkozy pour mettre en cause les auteurs ou, tout au moins, ceux qui auront utilisé "la machination" dont il aura été victime.

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